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"L'avantage d'être intelligent est qu'il est facile de jouer l'imbecile alors que le contraire n'est pas possible".

Sans doute Luc Ferry a-t-il voulu appliquer cette maxime de Woody Allen quand, le 2 décembre,  jour d'ouverture de la COP 21, il s'est employé, sur Radio Classique, a dénier tout intérêt et toute utilité a cette conférence internationale sur le climat.

Tout en se défendant de climatosepticisme il réfutait que le dérèglement climatique puisse tuer, niait le rôle des gouvernements et contestait que des décisions étatiques puissent avoir une quelconque influence sur l'évolution du climat. 

A la fin de la première semaine de COP 21, le simple observateur que je suis, immergé tant au Bourget qu'au Grand Palais, au contact des élus locaux, des ONG ou des chefs d'entreprise, ne peut que témoigner que la réunion à Paris de la COP 21 fait bouger les lignes : quelque soit le contenu et la qualité de l'accord qui, en fin de semaine, sortira des négociations en cours, l'année 2015 aura marque un tournant. En France comme dans un grand nombre de pays du Nord comme du Sud, la conscience climatique progresse.

La mobilisation des grandes entreprises mondiales est parfois accusée de masquer des attitudes de "greenwashing"... ce reproche peut-il être fait aux compagnies d'assurance, banques, fonds de pension et autres institutions financières dont les placements financiers à 20 ou 30 ans doivent impérativement intégrer l'influence du climat sur l'économie des décennies à venir et singulièrement sur les sources d'énergie futures ?

Les effets du dérèglement climatique sur les populations ne se limitent pas aux victimes de phénomènes dont la violence et la fréquence augmentent inexorablement.  Ils commencent aussi à se traduire par des déplacements de population, organisés ou sauvages,  dans les îles du Pacifique ou dans le Sahel.

Les réponses sont de tous ordres : solutions techniques de prévention et d'adaptation d'ampleur variée et de mise en oeuvre a toutes les échelles,  du global au local, relevant de décisions politiques ou de comportements individuels. Les entreprises et les particuliers sont certes en 1ere ligne pour freiner le réchauffement climatique du aux activités humaines. Mais, la construction de la nouvelle économie decarbonee qui répondra aux enjeux doit être encouragée et accélérer par les politiques publiques : taxation du carbone, arrêt des subventions voire des importations d'énergies fossiles, aides à l'innovation, soutien aux programmes de recherche, formation  et éducation sont autant d'aspects relevant des Etats mais aussi des gouvernements locaux.

La mobilisation de la société civile, les engagements financiers et stratégiques des principaux groupes industriels mondiaux, les prises de position des maires et autres responsables de collectivités sont autant de raison d'espérer. A ce titre Green Cross France et Territoires souhaite que l'accord de Paris reconnaisse leur rôle. 

L'avènement d'une gouvernance mondiale du climat n'est sans doute qu'une utopie, pas nécessairement souhaitable d'ailleurs, mais nous pouvons espérer que les "Stella" (*) et autres enfants des années 2035, se souviendront que l'année 2015 aura marqué un tournant dans l'histoire de l'humanité... et que n'en déplaise à Mr. Luc Ferry, l'homme aura pris conscience de ses droits et devoirs pour préserver la planète où il vit.

                                                                                                                                            Henri Robert

                                                                                                                                         7 décembre 2015

* cf "un monde pour Stella" G.Boyer Edition J.C. Lattes sept.2015