20151007_125918Le dérèglement climatique n’est plus contesté par personne aujourd’hui. Les premiers effets en sont déjà perceptibles jusque sur notre territoire : répétition et allongement des périodes de sécheresse ou de canicule, fréquence des coups de vent et tempêtes, violence des épisodes orageux et dégâts liés aux inondations …

Cette lente mais inexorable transformation des conditions météorologiques de notre planète est essentiellement due aux activités humaines qui, depuis la fin du XIX ème siècle, rejettent dans l’atmosphère des quantités sans cesse croissantes de gaz à effet de serre (GES). L’industrialisation, l’urbanisation et le développement des transports produisent de plus en plus de gaz carbonique, de méthane et de dioxyde d’azote, tandis que la déforestation réduit la capacité d’absorption du CO2 par les grandes forêts tropicales.

Depuis la prise de conscience de ces phénomènes à la fin du siècle dernier, manifestée par le sommet de Rio en 1992, les Nations Unies consacrent une réunion annuelle pour mobiliser les Etats, rechercher des solutions, mettre en œuvre des moyens d’action et trouver les financements permettant de répartir la charge des programmes d’action entre pays développés et pays émergents : la 21ème Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la COP21, se déroulera à Paris en décembre prochain après celle de Lima au Pérou en 2014 et avant celle prévue au Maroc l’année prochaine : son objectif est d’aboutir à l’adoption d’un accord pour limiter la hausse de la température en deçà de 2°C d’ici la fin du siècle.

Qu’un accord soit ou non signé mi-décembre, il y aura eu un avant et un après COP21 : pour la première fois en 2015 se développe non seulement en France mais dans de très nombreux pays, une prise de conscience de l’urgence d’agir. Plus d’une soixantaine de pays, près du 1/3 des 196 participants à la COP21 ont déjà transmis leurs engagements et leurs programmes d’actions mais encore plus significatif est la contribution « volontaire » annoncée par de grandes entreprises mondiales américaines qui s’engagent à modifier leurs processus industriels pour réduire les émissions de GES.

 Ce n’est en effet pas des Etats mais bien des opérateurs économiques, des individus et des collectivités locales que dépendra le succès de la lutte contre le dérèglement climatique mais aussi la capacité à s’adapter aux conséquences de ce dérèglement.

 

Décideurs du mode d’urbanisation, d’une partie des règles applicables à l’habitat, de l’organisation des transports, des modalités de traitement des ordures ménagères des choix énergétiques pour les bâtiments municipaux ou l’éclairage public, les élus locaux sont directement partie prenante aux solutions à mettre en œuvre : la construction d’une société « post-carbone » ne relève pas de lois, règlements ou décrets mais de la somme de décisions individuelles. Réduire les consommations énergétiques et développer la part d’énergies renouvelables, limiter les transports et favoriser les circuits courts, encourager l’économie circulaire dans les territoires sont autant de challenges locaux pour des élus soucieux du bien commun.

Le rôle des collectivités est essentiel pour entraîner, expérimenter et persuader.

S’il est un domaine où les élus locaux peuvent donner libre cours à leur capacité d’initiative sans être soumis à la contrainte de normes excessives et de blocages financiers c’est bien dans leur contribution à la transition énergétique et à la préparation d’un monde « post-carbone ».

                                                                                                 Henri Robert

                                                                                 Green Cross France et Territoires