IMG_5562 A Genève, en cette fin de semaine, devrait aboutir, sous l'égide de l'ONU, la rédaction du texte qui servira de cadre aux négociations de la grande conférence sur le climat "Paris COP21" (= Paris climat 2015).

Les négociateurs de 195 pays ont préparé un projet d'accord qui précise les engagements que pourraient prendre les pays industrialisés pour lutter contre le dérèglement climatique d'origine humaine, mais aussi les moyens financiers à mettre à la disposition des pays du Sud pour les aider à s'adapter au changement climatique... sans que les pays en développement et singulierement les grands émergents ne voient freiner leur développement industriel ! 

Après l'échec de Copenhague en 2009 et les timides avancées de Lima en décembre dernier la conférence de Paris en décembre prochain permettra-t-elle la signature d'un traité international contraignant les Etats signataires à prendre les mesures susceptibles de limiter à 2° le réchauffement climatique de la planète au lieu des 4 à 5° que prévoient les experts à la fin du siècle ?     

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Pendant ce temps, au Parlement se poursuit la discussion du projet de loi "transition énérgétique et croissance verte" avec comme objectif - non affiché - du Ministre, d'aboutir le plus rapidement possible, avec le consensus le plus large, sur un texte qui mettrait en exergue l'exemplarité de la France qui souhaite apparaître comme le fer de lance de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour atteindre cet objectif, certaines des dispositions initiales du projet gouvernemental seront certainement revues ou abandonnées, pour s'en remettre "à la sagesse du Parlement". Comme souvent il y aura un fossé entre les intentions initiales, le texte voté et les mesures qui seront finalement précisées par les décrets d'application...  Ainsi, à titre d'exemple, pour le citoyen non averti la limitation à 64,85 GW de la puissance produite par les centrales nucléaires (souhait du Sénat) au lieu des 63,2 GW votés par l'AN parait bien ésotérique, sinon anecdotique : de cet écart dépend la fermeture on non de Fessenheim et d'un ou deux autres réacteurs avant 2020 lors de la mise en production de Flamanville !

 

En marge de ces deux évènements phares, la "société civile", les"citoyens", le "monde associatif" auquel je m'intégre pas à pas et dont je découvre l'insoupçonnable richesse et le foisonnement d'initiatives !

Plus d'une centaine de manifestations d'ampleur nationale sont prévues entre mars et décembre 2015 à l'initiative de structures aussi variées que des organismes scientifiques, des Etablissements publics,  des collectivités locales, des syndicats professionnels, des associations, non seulement environnementalistes mais professionnelles ...Le club France développement durable, émanation du Comité 21, tente de coordonner ou au moins de suivre ce foisonnement d'initiatives qu'il a présentées ce lundi 19 février: manifestations spécifiques organisées par les Régions PACA début juin, Rhone-Alpes fin juin, par l'ADEME, l'UNESCO, la CDC ou la Banque mondiale, par de multiples associations - dont Green Cross -, mais il ne peut à l'évidence recenser toutes les initiatives spontanées; je viens ainsi d'apprendre que l'association des ingénieurs de l'Agro mobilisait ses réseaux pour apporter la contribution des "ingénieurs du vivant" aux débats de Paris COP21.

En ajoutant aux centaines de manifestations spécifiques toutes les réunions et colloques récurrents qui auront, en 2015, la lutte contre le dérèglement climatique comme thème principal (ARF en juin, Cités Unies etc...) ce sont plusieurs centaines de milliers voire quelques millions de citoyens qui auront été sensibilisés à ces questions avant l'ouverture de la conférence du Bourget et des manifestations grand public qui l'accompagneront début décembre.

Cette conférence mondiale à Paris sera peut-être un succès diplomatique, il faut le souhaiter.

Je découvre qu'elle provoque déjà une mobilisation citoyenne qui va s'amplifier tout au long de l'année.

Genève, le Parlement, la société civile : trois mondes distincts qui mettent en évidence la fracture entre nos structures politico-administratives et le citoyen, habitant des communes, quartiers ou pays, militant associatif ou non mais dont beaucoup se sentent souvent plus concernés par les enjeux climatiques que ne le pensent les "sachants".

Quelque soit le résultat de la COP 21, si au delà de décembre 2015, en France, les politiques énergétiques et environnementales des entreprises et des collectivités, si les comportements individuels pouvaient être infléchis pour tendre vers une économie, une croissance circulaire, ce sommet international n'aurait pas été un coup d'épée dans l'eau.

 

                                                                                                                                          HR 13 fevrier 2015